Détournement de mémoire
(d’après le livre Comme un poisson sans eau)
de Christophe Duthuron et Pierre Richard
par Pierre Richard


Lumière : Julien Simon
Musique : Christophe et Olivier Defays
Régie : Sean Seago
Coréalisation Théâtre du Rond-Point
19 novembre 2003 - 10 janvier 2004
durée 1h20
Salle Jean Tardieu
UN MOT DE…
Christophe Duthuron

Il trimballe un sac de cailloux, ramassés par-ci par-là, comme tout le monde… mais il le trimballe avec jubilation et appétit comme personne.
Et non content d’être heureux, il veut en plus savoir pourquoi. Alors il le vide, son sac. Les pierres blanches, les grains de sable, jusqu’au caillou dans la chaussure, il les examine. Il cherche la perle à laquelle il doit cet indéfectible goût du bonheur. Seulement voilà, c’est plus fort que lui : il suffit qu’il y pose les yeux, et son sac n’est plus rempli que de perles. C’est à n’y rien comprendre. À croire que tout n’est finalement qu’une façon de voir les choses.
…C’est donc à une double intimité que nous invite ce spectacle. À celle, singulière, du moment partagé avec un homme hors du coommun, et celle, tout aussi rare, que l’on peut tisser entre les hommes que nous sommes tous
.

UN MOT DE…
Pierre Richard

Il n’était pas question pour nous d’égrainer un chapelet d’anecdote avec satisfaction.
Les histoires racontées ici, ne le sont jamais comme une fin en soi. Elles n’ont retenu notre attention que dans la mesure où elles nous suscitaient des prolongements drôles, poétiques, ou des considérations sur la vie en général. Elles ont donc été l’objet de détournements, comme l’indique le titre, dans la forme et dans le fond. Dans la forme puisqu’on y croise des alexandrins, du conte, ou même des scènes de cinéma ; dans le fond puiqu’elles n’arrivent qu’en illustration d’un propos plus large.
Dans la mesure où l’on peut y reconnaître nos propres moments de bonheur volés ou manqués, notre propre incapacité à dire les choses, ou nos décisions difficiles à prendre, on ne voit plus seulement défiler une vie, mais la vie.